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Autel
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Nef
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Sacristie
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Pupitre informatif
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À la découverte du lieu
« Jai gardé un souvenir très ému de la Chapelle des Pénitents Blancs à Villeneuve sur Lot.En cette chaude fin de matinée dété ponctuée des cris de martinets, au travers d'un dédale de petites rues bordées détroites maisons largement décrépites, je suis arrivé devant lentrée de la Chapelle. Cétait un bâti modeste nayant aucun attrait architectural ou esthétique particulier. Elle paraissait même boiteuse et déhanchée ainsi désenclavée sauvagement des ruines des petites maisons ouvrières qui lépaulaient. Ses alentours avaient été rasés et aménagés en parking asphalté, sans charme.
Deux grandes portes de bois peintes de vert fané fermaient lentrée; jai tourné la clef charnue et démesurée dans la serrure, jai entendu le grincement mécanique des pênes renvoyé par léchos vide du lieu oublié ; avec une impatience respectueuse jai poussé les panneaux des portes, le soleil sest profilé au sol comme un long tapis de lumière menant jusqu'au chur.
L'entrée franchie, une vague de fraîcheur ma fait frissonner, lair confiné exhalait lodeur humide des vieux plâtres moisis, des bois cirés et de l'encens. Jétais là, le témoin de tout labandon mis en scène : quelques chaises bancales saligaient en échaliers, de timides éclats de dorures ternies et poussiéreuses appelaient le regard, une mantille déclats de badigeons jonchait le sol. Les anges de la chaire pointaient du doigt un ciel vide, silencieux et sans lustres. LAutel éventré était vidé de sa pierre sacrée, les portes des grandes armoires murales de la sacristie s'ouvraient béantes sur des étagères occupées seulement de quelques vieux cierges dispersés. Sur les murs, les taches d'humidité brune, aux contours estompés, créaient les visages de quelques spectres pénitents en mal de purgatoire.
Le lieu nétait pourtant pas mort, il était encore chargé démotion, il palpitait de quelques chants dévots lointains, vibrait de résonances de milliers de pas processionnaires fantomatiques, s'agaçait du bruit des chaises dun peuple qui sagenouille humblement sous les brumes dencens au son autoritaire de la clochette ordonnant la respectueuse génuflexion.
Au sol, lusure des dalles de pierre mêlées aux carreaux de terre rouge, traçait sur lallée centrale à la manière dune saignée, le chemin séculaire de la foule repentante approchant les Ors de l'Autel. Les éraflures des murs patinés témoignaient de l'effleurement des mains ouvrières et des chaussures salies par la marche processionnaire.»
L'intention scénographique
«Je me sentais fort de lémotion extraordinaire de travailler à redonner vie à ce petit monde, au moyen dobjets, de lumière et de musique. Je désirais suggérer la force dun peuple croyant, lexaltation de leur passion vers Dieu transpirant de souffrances et de crainte de la mort. Je voulais imager la volonté dune communauté pauvre, bâtissant avec la force de sa foi et de son devoir dentraide, un espoir en un royaume de béatitudes.
Pour cela nous voulions, à la manière des peintres du 18ème, placer par touches sensibles et historiques les éléments, objets et vêtements sacerdotaux, de façon à recréer les scènes de ces processions et cérémonies. Les cierges allumés, les draps de fleurs, les fumées dencens, ponctués de lumières, de musique et de chants, ordonnés par une régie programmée, compléteraient dynamiquement cette mise en scène en plusieurs actes.
Nous disposions, pour une telle mise en scène, dun patrimoine exceptionnel sur le thème des pénitents. Il résultait du recollement des objets, protégés au titre des monuments historiques, fait par le Musée de la vallée du Lot (dès 1999 en collaboration avec le Service National de lInventaire) : statues, croix processionnelles, draps mortuaires brodés dargent, dais de procession brodés dor, pièces dorfèvrerie de fort intérêt historique, bâtons de pénitents, tableaux dart religieux, retables et colonnes torses danciennes chapelles dautres confréries ... »
Scénographie Bleu Lumière : Yves Maréchal, Dominique Briand
Décors, éclairage : Bleu Méthylène
Musée du Moulin de Gajac - Villeneuve sur Lot
Conservation : Richard Dagorne
Service culturel : Jacques Descayrac et Jean Luc Barré
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